POEMES SUR LES ENFANTS

 

 
86.   Lorsque l'enfant paraît  -  (Victor Hugo)

 

Lorsque l'enfant paraît le cercle de famille
Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille
               Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être ?
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
               Innocent et joyeux.

 
Enfant vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
               Qu'on ose pas toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire
On rit, on se récrie, on l'appelle et sa mère
               Tremble à le voir marcher...

 
Les yeux des enfants ont une douceur infinie,
Et leur petites mains, joyeuses et bénies,
               Ignorent le mal encore !
Jamais, vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
               A l'auréole d'or !

 
La nuit lorsque tout dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend parfois une petite voix qui pleure,
               Sur des ailes d'azur,
Sans le comprendre encore, vous explorez le monde.
Double virginité : corps où rien n'est immonde,
               Ame où rien n'est impur !

 
Il est si beau l'enfant avec son doux sourire,
Ses deux grands yeux ouverts qui ne savent pas mentir.
               Dans le mal triomphant :
Préserve-moi Seigneur, d'été sans fleurs vermeilles,
De cage sans oiseaux, de ruche sans abeilles,
               D'une Maison sans enfants ...

(Les feuilles de l'Automne, XIX)

 
 

 

87.  Un tout petit : bébé

 

C'est un rayon de soleil,
Un vrai cadeau du ciel
Il ressemble à un ange,
Tout rempli d'innocence

 
C'est le fruit de l'amour,
Le souvenir d'un jour
Où l'on a tout donné
Pour faire un nouveau né

 
Il aime être bercé
Dans des bras bien serrés,           
Là, tout contre le coeur
Il fait croire au bonheur
Comme l'oiseau dans son nid
Il découvre la vie,
Il regarde et il rit,
On voit qu'il a compris

(Jean-Claude Brinette)

 

Bernard, il y a quelques années...

 

88.  Un enfant...

 

C'est un petit bonhomme
A peine haut comme trois pommes,          
Tout débordant de vie
Pour prouver qu'il existe.

 
Il a le coeur très pur
Où il n'y a pas de murs,
Dans ses grands yeux ouverts
Brille tout un univers...

 
Il aime les châteaux de sable,
L'herbe verte et agréable.
Il jette des pierres dans l'eau,
Court après les oiseaux.

 
Endormi contre un arbre,
Une peluche dans les bras,
Il rêve de contes de fées,
Du royaume de la bonté.

 
Il fait beaucoup d' soucis
Mais tous on les oublie,
Quand il vient dire : je t'aime
On ne pense plus à ses peines
.
C'est qu'un petit enfant,
C'est fait pour les mamans,
Un amour aussi grand
Peut vivre éternellement
.

(Jean-Claude Brinette)

 

Le rêve d'un ange...

 

89.  Les ailes des petits enfants -  (Alphonse Daudet 1840-1897)

 

Enfants d'un jour, ô nouveaux nés,
Petites bouches, petits nez,
Petites lèvres demi-closes
          Membres tremblants,
          Si frais, si blancs,
          Si roses
.
 
Enfants d'un jour, ô nouveaux nés,
Pour le bonheur que vous donnez
A vous voir dormir dans vos langes
          Espoir des nids
          Soyez bénits !
          Chers anges !

 
Pour vos grands yeux effarouchés
Que sous vos draps blancs vous cachez,          
Pour vos sourires, vos pleurs même,
          Tout ce qu'en vous,
          Etres si doux,
          On aime !

 
Lorsque sur vos chauds oreillers,
En souriant vous sommeillez,
Près de vous tout bas, ô merveille !
          Une voix dit :
          - Dors beau petit,
            Je veille.

 
C'est la voix de l'ange gardien,
Dormez, dormez, ne craignez rien,
Rêvez, sous ses ailes de neige,
          Le beau jaloux
          Vous berce et vous
          Protège.

 
Enfants d'un jour, ô nouveaux nés,
Au Paradis, d'où vous venez.
Un léger fil d'or vous rattache
          A ce fil d'or
          Tient l'âme, encor(e)
          Sans tache.

 
Vous êtes à toute maison
Ce que la fleur est au gazon,
Ce qu'au ciel est l'étoile blanche
          Ce qu'un peu d'eau
          Est au roseau
          Qui penche.
Mais vous avez de plus encor(e)
Ce que n'a pas l'étoile d'or,
Ce qui manque aux fleurs les plus belles :
          Bonheur pour nous
          Vous avez tous
          Des ailes.

(Les Amoureux)

 

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